L’université, une grande malade ?
Depuis une semaine, sur Internet, une longue lettre agite le monde universitaire. Son auteur, Xavier Dunezat, devenu professeur de sciences économiques et sociales au lycée, explique les raisons qui l’ont poussé à quitter l’université, où il était maître de conférences en sociologie.
Méthodiquement, en cinq chapitres, l’enseignant dresse un tableau accablant des pratiques de recrutement en vigueur. Il dénonce le “règne du piston”, le “désert relationnel” de l’université et le “mépris des étudiants qui transparaît dans l’organisation globale des enseignements… et dans les pratiques professionnelles des enseignants”.
“La première raison de ma démission est que je n’assume pas la manière dont j’ai été recruté”, écrit M. Denuzat. Les procédures de recrutement menées par des “commissions de spécialistes” privilégient “copinage et candidats locaux, issus de l’université qui recrute”, explique-t-il. Autre désillusion, les relations entre enseignants. “Couloirs et salles de professeurs vides, (…) bureaux fermés”, l’université est selon lui un monstre froid où les “quelques relations socioprofessionnelles qui existent sont profondément structurées par une conflictualité désarmante”. Violente est aussi la charge contre les enseignants-chercheurs : ils sont accusés de s’adonner à la “chasse aux cours qui sont en adéquation avec (leurs) thèmes personnels de recherche”, de se livrer à une vive “concurrence pour attraper au vol les niveaux intéressants” et d’afficher un “faible sérieux en matière de notation ou de suivi d’examen”.
Rarissimes sont les universitaires qui quittent un milieu dans lequel ils n’ont pu entrer qu’après de longues années d’études. Plus rares encore sont ceux qui critiquent publiquement ses règles. Récemment, seule la fiction a dépeint ces travers, avec la publication en 2006 de deux romans, Petits crimes contre les humanités (Métailié) de l’universitaire et scénariste de bande dessinée Pierre Christin, et Félicitations du jury de Clarisse Buono (Privé).
Voici le lien pour lire l’intégralité de la lettre.
http://www.liens-socio.org/IMG/pdf/dossiers_liens_socio_06_dunezat.pdf
Si cette lettre dit bien des vérités à peine cachées sur l’université, je ne peux que trouver troublant qu’elle « sorte » au moment ou s’annonce une réforme contestée de l’université.
D’après un article du Monde.fr